De -30% à -70% : les prix sont "massacrés" dans ces magasins d'un autre type
"Chez les as du déstockage, on traque les bonnes affaires"
> Bienvenue dans les cavernes d'Ali Baba du 21e siècle. Au milieu de rossignols, de tas de babioles, vous pouvez tomber sur des canapés haut de gamme, des cusines équipées, de l'électro-ménager,
des salons de jardin en teck, des bijoux les jours de chance, des montres de prestige, des parfums,
du bon Bordeaux, et des vêtements chics. Des marques par-ci, des prix massacrés par-là.
Selon les arrivages, on vous garantit de -30% à -70% sur les prix des points de vente traditionnels.
Vous êtes chez Noz, Max Plus, Bravo Les Affaires, Stockissimo...Des soldeurs ? Non, des "déstockeurs" capables
de vendre tout et pas forcément n'importe quoi. Leur secret ? "Trouver des lots de marchandises et des stocks d'invendus auprès des fournisseurs. Les racheter à bon prix et les écouler au plus vite et à pas cher.
(...) Des enseignes telles que Stockissimo, Max Plus ou Bravo Les Affaires, petit dernier de la bande, se sont engouffrées dans cette voie "à la marge et de plus en plus concurrentielle" où, côté clients, contexte économique oblige, "l'achat malin cohabite avec l'achat de crise..."
Sur les parkings de ces magasins bruts de décoffrage - des hangars situés souvent en périphérie des villes -,
des voitures rutilantes côtoient des véhicules de fortune. Toutes les catégories socio-professionnelles se retrouvent dans ces magasins dont la clientèle est à 90% féminine.
(...) Marceau Vidrequin, créateur de Bravo Les Affaires, confirme la tendance. "rares sont les hommes qui
se déplacent seuls dans nos magasins", hormis les bricoleurs-chineurs en quête d'outillage à prix cassés. "En fait,
les gens sont accros. Ici, ils sont sûrs de trouver des nouveautés. Alors, ils passent au moins une fois par semaine
et s'enquièrent des nouveaux arrivages..." Objectif des habitués ? Etre les premiers à traquer la bonne affaire au fond d'un bac, au détour d'un linéaire. Par les temps qui courent, la formule gagne du terrain via Internet et, surtout,
grâce au bouche à oreille...
> Une incroyable logistique
Difficile d'imaginer la logistique qui se cache derrière le déstockage. Dans les bureaux et les salles de marchés
de ces enseignes pas comme les autres, on parle toutes les langues. L'anglais, l'espagnol, le mandarin, le russe.
Face à leur ordinateur, l'oreille collée au téléphone, les responsables des achats débusquent les affaires à distance.
En relation avec les fournisseurs disséminés à travers le monde, ils jugent de l'intérêt des lots. Auujourd'hui, jouets, vêtements, paniers en osier inondent leurs bureaux aux allures de capharnaüm.
(...) Le "petit" déstockeur tire aussi son épingle du jeu. Il se dit "très réactif" comme Marceau Vidrequin de Bravo Les Affaires. "Je suis capable de foncer à l'autre bout de la France en moins de deux pour décrocher
un lot. J'ai ainsi récupéré les canapés d'une adresse parisienne de renom et tout son rayon déco. Un joli coup
pour sa petite entreprise. "D'abord pour mes clients", conclut-il.